Les 5 sites les plus radioactifs au monde
26 août 2022Si les dystopies à base d’accidents radioactifs ne cessent de pulluler sur les plateformes de streaming, on pense notamment à la série Tchernobyl ou encore à Dark ou à The 100, les sites radioactifs existent bel et bien partout autour de nous. On se souvient particulièrement bien de Fukushima ou Tchernobyl, mais qu’en est-il de Maïlouou-souou, Hanford ou de la côte somalienne ? Découvrez dans cet article les 5 sites les plus radioactifs de la planète.
Fukushima au Japon : l’accident du 11 mars 2011
L’accident nucléaire de Fukushima est l’évènement qui a marqué 2011. Le tsunami consécutif au séisme a mis hors service le système de refroidissement principal de la centrale nucléaire, entraînant la fusion des réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que la surchauffe de la piscine de désactivation du réacteur 4. Cet accident n’avait jamais été envisagé par les autorités japonaises et c’est pourquoi, encore aujourd’hui, la ville est restée fantôme. On y enregistre encore parfois des pics de radioactivité particulièrement élevés.
Il s’agit de la deuxième catastrophe de centrale nucléaire de l’histoire classée au niveau 7, soit le niveau le plus élevé sur l’échelle d’événements nucléaires. Sa gravité est évaluée au même niveau que celle de Tchernobyl. Début 2021, la préfecture de Fukushima comptabilisait 2 317 décès indirects dus à des suicides ou à une dégradation des conditions de santé suite à l’évacuation.
On estime que les terres seront contaminées pendant environ 48 000 ans avant que la radiation s’épuise. Le démantèlement de la centrale a commencé par le retrait des éléments combustibles des piscines de désactivation et va durer jusqu‘en 2060.

Tchernobyl en Ukraine : la terrible nuit du 25 avril 1986
L’accident nucléaire de Tchernobyl est encore à ce jour considéré comme le plus catastrophique de l‘histoire. L’événement s’est produit dans la nuit du 25 au 26 avril 1986 et, contrairement à Fukushima, il est survenu à cause d’une défaillance de la centrale et d’un manquement aux règles de sécurité. En effet, la puissance du réacteur n°4 a augmenté considérablement après un test affecté sur la centrale, atteignant une puissance supérieure à 100 fois celle pour laquelle il a été conçu. Ce dysfonctionnement a conduit à l’explosion du réacteur et au déversement d’une importante quantité d’éléments radioactifs.
Les ingénieurs sur place avaient bel et bien constaté la défaillance, mais n’étaient pas formés à la gestion de crise. Lorsque les premiers incendies se sont déclarés, ils ont simplement appelé les pompiers sans savoir que l’eau n’aurait aucun effet sur des éléments nucléaires. La quasi-totalité des pompiers qui se sont rendus sur place est décédée dans les jours qui ont suivi.
L’accident a eu des conséquences pour l’Europe tout entière. Lorsque les ingénieurs se sont rendu compte que le cœur du réacteur était fissuré, ils ont pris contact avec leurs supérieurs. Ces derniers ont pris la décision de taire le problème pendant encore 24 heures. Les petits villages environnants ont donc continué de vivre comme si l’air ne regorgeait pas d’éléments radioactifs. Le lendemain, ce sont plus de 200 000 personnes qui ont été évacuées. L’accident a provoqué entre 60 et 4 000 décès selon les rapports des agences onusiennes publiés dans les revues scientifiques. Mais il existe des chiffres encore plus troublants. Selon Greenpeace, Tchernobyl aurait provoqué près de 270 000 cancers, dont 93 000 morts, sur 70 ans.
Maïlouou-souou au Kirghizistan : la ville minière russe
Il est possible que vous n’ayez jamais entendu de cette ville au nom farfelu. Et pour cause : elle a été tenue secrète par l’Union soviétique pendant de très nombreuses années. En effet, cette province que l’on appelait « Boîte aux lettres 200 » a été créée de toutes pièces pour l’exploitation de mines d’uranium. Si cette exploitation était rentable lors de sa création, elle a très vite perdu de la valeur après la disparition de l’Union soviétique. Très vite, l’extraction de l’uranium a été stoppée, laissant la population de Maïlouou-souou sans travail et dans un environnement significativement pollué par la radioactivité.
Il y aurait environ 2 millions de mètres cubes d’uranium et une trentaine de décharges autour de la ville qui en fait un des 10 sites les plus pollués du monde. Le problème étant qu’elle est située sur une zone à très haut risque sismique.
Hanford aux États-Unis : un complexe nucléaire
Situé dans l’État de Washington, le site de Hanford est sous le contrôle du département de l’énergie des États-Unis. Depuis 1996, l’endroit est devenu le plus grand site de stockage de déchets nucléaires des États-Unis, avec pas moins d’1/3 de tous les déchets radioactifs du pays. À l’origine de cela, un ancien complexe industriel militaire qui a abrité le réacteur B, premier réacteur nucléaire au monde destiné à produire du plutonium pour la première bombe nucléaire. Ce même modèle a d’ailleurs été utilisé lors du bombardement de Nagasaki au Japon.
Cependant, le processus de fabrication du plutonium n’est pas très efficace : beaucoup de déchets nucléaires pour une très faible quantité de plutonium produit. Et pendant la Guerre froide, le site a accueilli pas moins de 9 réacteurs nucléaires et 5 complexes de traitement du combustible usé pour produire le plutonium nécessaire pour l’arsenal nucléaire américain. Aujourd’hui, le site est inactif : le dernier réacteur a été fermé en 1987 et est encore en cours de démantèlement.
La côte somalienne
Les 3.700 km de côtes de la Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, figurent actuellement parmi les plus dangereuses au monde pour la navigation maritime. Elles accueillent aujourd’hui de lourds déchets radioactifs : près de 600 barils nuisibles à la santé de l’Homme seraient enterrés ou coulés le long de la côte somalienne.
Depuis des années déjà, la Somalie fait partie des destinations où il est possible de se débarrasser des déchets nocifs. Pays aux mains de la mafia qui profitent sans vergogne d’une législation inexistante sur le sujet, le trafic de déchets nucléaires rapporte gros. En effet, ces côtes accueillent chaque année des tonnes de déchets radioactifs en provenance du monde entier, dont de nombreuses sociétés suisses et Italiennes par exemple. Mais en conséquence, une large partie du littoral est contaminé.
Parfois, lors de tsunamis, certains futs sont déterrés et déplacés sur de très longues distances, se rapprochant toujours un peu plus des côtes voisines. Dans quelques années, la radioactivité de la Somalie sera également le problème des autres pays cotiers du coin.
Il est peut-être temps de prendre des mesures pour prévenir la prolifération de déchets nucléaires et la pollution des nombreux sites partout dans le monde. D’autant plus que le jour du dépassement ne cesse de se rapprocher d’année en année.


