Risque nucléaire : explications, précautions et effets secondaires

Risque nucléaire : explications, précautions et effets secondaires

5 octobre 2022 Non Par Sophie

En cas d’accident ou d’incident nucléaire, les risques liés au relâchement de substances radioactives sont majeurs, à la fois pour l’homme et l’environnement. Mais après la manifestation de multiples problèmes de ce type, le comité en charge de la gestion des crises en France a mis en place des précautions à prendre et des consignes à suivre lors de l’émergence d’un risque atomique. Pour tout savoir du risque nucléaire, c’est par ici.

Le risque nucléaire : qu’est-ce que c’est ?

Le risque nucléaire est directement lié à la survenue d’un incident ou accident nucléaire, conduisant au rejet d’éléments radioactifs à l’extérieur des zones et des enceintes prévues pour les contenir. Il peut s’agir d’un problème lors du transport de sources radioactives (produits radio-pharmaceutiques par exemple). Mais aussi de l’utilisation de ce matériel médical ou industriel (radioéléments). Ou encore, dans une autre mesure, en cas de dysfonctionnement d’une installation nucléaire, notamment l’un des 58 réacteurs électronucléaires.

Lors de l’un de ces évènements, le risque nucléaire est de deux ordres :

  • Le risque d’exposition externe : lié au rayonnement émis par le nuage radioactif.
  • Le risque de contamination interne : en cas d’inhalation d’air contaminé par le nuage radioactif.

Tandis que la contamination interne fait l’objet de mesure de prévention, il est plus compliqué d’estimer les conséquences de l’exposition, car elles varient en fonction de la durée d’exposition ainsi que de la nature et la proximité des substances radioactives.

Est-ce qu’un risque nucléaire plane sur la France ?

Les causes possibles d’accidents nucléaires sont nombreuses et se multiplient d’année en année. Guerres, cyberattaques, dérèglement climatique, problèmes d’entretien : les menaces ne sont jamais loin. Néanmoins, si l’on ne peut ignorer la possibilité d’un risque nucléaire, il est difficile d’évaluer avec précision la sureté du pays et de ses installations. Les 5 sites les plus radioactifs au monde témoignent de ce manque d’informations.

En revanche, depuis Fukushima en 2011, des mesures de préventions et des précautions en cas d’accident nucléaire sont recensées et distribuées aux personnes et entreprises qui craignent le plus. Par exemple, le Codirpa produit des scénarios fictifs d’accident radiologique majeur et met à disposition des territoires un plan national de réponse, régulièrement optimisé, à ce type d’évènement.

Enfin, il est nécessaire de rappeler que le nucléaire français va mal. Son agent principal, EDF, enchaîne les mauvaises décisions. Cela a de grandes conséquences sur le capital financier de l’entreprise, ce qui résulte par un endettement de plus de 40 milliards d’euros, soit le double de leur résultat annuel d’exploitation. Par manque de temps, d’argent et de personnel, la compagnie historique ne met plus l’entretien de ses centrales au premier plan. Ce qui pourrait causer de graves problèmes dans le futur, notamment à cause des changements climatiques (les centrales ne résisteront peut-être pas les catastrophes naturelles à prévoir d’ici à 2050).

Quelles précautions prendre en cas d’accident nucléaire ?

En France, les deux plus gros sites nucléaires se trouvent successivement en Auvergne-Rhône-Alpes et en Centre-Val de Loire. En effet, le premier représente 23 % de la production nationale d’électricité nucléaire. Pour ces territoires particulièrement exposés en cas d’accident nucléaire, des mesures préventives et consignes de sécurité sont à respecter.

Le plan est établi sur trois axes : précautions avant l’accident, consignes après la survenue de l’accident, actions après la fin déclarée de l’accident.

Pour les personnes habitant à moins de 20 km d’une centrale nucléaire, il est conseillé en amont de :

  • Préparer un kit d’urgence avec des affaires de première nécessité,
  • Avoir sous la main une radio qui fonctionne à pile pour rester informé,
  • Obtenir la brochure d’information auprès de la mairie pour connaître la marche à suivre,
  • Conserver des comprimés d’iode (obtenu en pharmacie avec un justificatif de domicile)

Lors de l’accident nucléaire, la brochure vous explique qu’il faut vous mettre à l’abri en intérieur, en prenant soin de couvrir les ouvertures des portes et fenêtres avec un adhésif de qualité. Si vous êtes dans un véhicule, il est recommandé de rejoindre un lieu fermé le plus rapidement possible (la voiture ne vous protégera pas des irradiations). Surtout, n’allez pas rejoindre un proche ni chercher vos enfants à l’école. Ce serait vous mettre en danger, ainsi que vos enfants, les camarades de classe et les enseignants.

Pendant toute la durée de l’accident, évitez d’utiliser votre téléphone et davantage les réseaux. Vous risquez de surcharger les lignes et obstruer les échanges entre les institutions et les services concernés par l’évènement. Tenez-vous au courant des suites de l’accident par le biais d’une radio. Si le préfet donne l’instruction de prendre votre comprimé d’iode, c’est le moment. Ce dernier est particulièrement utile pour protéger votre thyroïde en cas de contact avec les radiations. Vous bénéficiez d’une protection supplémentaire face à la possibilité de développer un cancer. Enfin, préparez-vous à une éventuelle évacuation.

Une fois l’accident nucléaire terminé, le risque est toujours présent. Ne dérogez pas aux consignes données. Par exemple, ne consommez pas les produits de votre jardin qui ont potentiellement été contaminés par le nuage radioactif. D’ailleurs, savez-vous la différence entre un fruit ou un légume ?

Quels sont les effets secondaires d’une attaque nucléaire sur l’homme ?

Au cours des précédents accidents nucléaires, les sujets exposés aux irradiations ou aux nuages nucléaires ont pu être étudiés. De ce fait, plusieurs symptômes et maladies sont à craindre. Le plus fréquent reste le syndrome d’irradiation. Il est incontournable pour les personnes qui se trouvent à proximité de l’accident (employés d’une centrale nucléaire dans le cas d’un accident de ce type). En fonction des doses absorbées, on constate des nausées, des vomissements, une diarrhée, une hyperthermie, une hypotension des céphalées ou encore un érythème précoce.

Sur le long terme, on peut aussi découvrir :

  • Le syndrome hématopoïétique : la moelle osseuse cesse de fonctionner, ce qui entraîne une aplasie.
  • Le syndrome gastro-intestinal : diarrhées et hémorragies digestives entraînent une rupture de la muqueuse intestinale et la mort du patient.
  • Le syndrome neurovasculaire : œdème cérébral ou hypertension intracrânienne causant une désorientation, une ataxie, des convulsions et un coma.
  • Le syndrome d’irradiation localisée : brûlure radiologique qui peut conduire à des nécroses.
  • Maladies radio-induites : cancers du sein, de la thyroïde, leucémies, cancers cutanés, cancers du poumon, du côlon…

D’autres syndromes ont parfois été observés, mais de nombreuses années plus tard (jusqu’à 50 ans). Il est donc difficile de lier avec certitude ces maladies à la cause nucléaire. Ce qui est certain en revanche, c’est que les embryons et fœtus sont les plus exposés à ce type de répercussions tardives. Pour toutes informations complémentaires, vous pouvez retrouver les grands principes de gestion du risque nucléaire en France sur le site de l’IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire).